Règle des 4 cadeaux, des 5, des 7 : ça marche ?

La règle des 4 cadeaux compte les paquets. Elle ne les choisit pas

· Michel Traj · 6 min de lecture

Deux livres reliés empilés sur trois pulls en maille pliés, devant un fond crème uni.

Chaque année en décembre, au moment de faire la liste des cadeaux de Noël, la même formule refait surface : quelque chose dont on a envie, quelque chose dont on a besoin, quelque chose à porter, quelque chose à lire. Elle est assez courte pour être retenue. Elle est aussi assez ferme pour empêcher la pile de cadeaux de grossir, et c'est pour cela qu'on l'utilise encore.

Cette règle des 4 cadeaux a aussi fait des petits. Il en existe une version à cinq cadeaux, une à sept, et une version pour adultes sur laquelle personne ne s'accorde vraiment. Chacune répond à un vrai problème. Et chacune s'arrête au même endroit, précisément là où se trouve l'essentiel de la difficulté.

Qu'est-ce que la règle des 5 cadeaux ?

La règle des 5 cadeaux fixe une limite pour Noël ou un anniversaire : cinq cadeaux, un de chaque sorte. Quelque chose dont on a envie, quelque chose dont on a besoin, quelque chose à porter, quelque chose à lire et quelque chose à faire. Le cinquième est en général une expérience : des places de spectacle, une sortie à la journée ou un cours. Certaines familles le remplacent par « quelque chose à partager », comme un jeu de société auquel toute la maison joue.

Elle découle de la règle des 4 cadeaux, la même liste sans le cinquième élément. Celle-ci vient de parents qui voulaient garder le Noël des enfants dans des proportions raisonnables : moins de paquets, plus de réflexion, et une limite posée en douceur aux grands-parents qui rivalisent pour offrir le plus. Personne ne sait qui a écrit la version d'origine, et la formulation change selon qui la raconte. Voyez chaque version comme une règle de famille, pas comme une norme.

Et la règle des 7 cadeaux ?

La règle des 7 cadeaux est la moins figée des trois. La plupart des versions gardent les quatre éléments principaux (envie, besoin, porter, lire) et en ajoutent trois puisés dans une liste plus souple : quelque chose à faire, quelque chose à partager, une douceur, ou un petit cadeau à glisser sous le sapin. Elle convient aux familles qui trouvaient que quatre ou cinq cadeaux, c'était trop peu. Elle remplit toujours sa fonction principale : mettre un chiffre sur la pile.

Le chiffre exact compte moins que le fait que tout le monde utilise le même. La règle est surtout utile dans une famille où plusieurs personnes offrent des cadeaux au même enfant. Mettez-vous d'accord sur les catégories, répartissez-les entre vous, et personne n'arrivera avec un troisième pull identique.

Ce que ces règles font bien, et où elles s'arrêtent

Elles font très bien trois choses.

Une limite. La première mission de la règle est de dire « ça suffit », et elle le fait bien. Cinq, c'est un chiffre qu'on peut expliquer à un enfant, à son ou sa partenaire et à soi-même, en pleine deuxième semaine de décembre.

De la variété. Envie, besoin, porter et lire sont des cadeaux de natures différentes. Une pile qui couvre les quatre paraît bien pensée, ce que cinq exemplaires du même jouet ne donneront jamais. Un cadeau fait plaisir, un autre est utile, un autre est pour le corps et le dernier pour l'esprit.

Une liste à cocher quand on manque d'idées. Quand rien ne vient, un cadre à remplir aide. Quatre cases étiquetées transforment une immense question en quatre petites. La case « envie » est la plus facile à négliger, parce qu'acheter un cadeau qu'on vous a demandé peut ressembler à une simple course. Mais pour la personne qui l'a demandé, c'est la preuve que vous avez écouté.

Mais c'est là que la règle cesse d'aider.

Elle vous dit combien de cadeaux offrir et de quel type, mais pas lequel. « Quelque chose à lire » peut être une bande dessinée, un livre de cuisine ou la biographie d'un champion cycliste, et un seul de ces choix convient à la personne à qui vous pensez.

Certaines catégories conviennent aussi très mal à certaines personnes. Pour quelqu'un qui ne lit pas pour le plaisir, « quelque chose à lire » est une corvée déguisée en cadeau. Pour quelqu'un qui choisit ses vêtements avec un vrai soin, « quelque chose à porter » choisi par un autre est un pari risqué. La règle ne peut pas le deviner, mais vous, vous le pouvez.

Et la règle a été pensée pour un foyer avec des enfants, où l'objectif est de garder la mesure. Offrir à une personne adulte un cadeau qui lui montre qu'on la comprend, c'est un tout autre problème. Là, le risque n'est pas d'avoir trop de paquets. Le risque, c'est un seul paquet qui aurait pu être destiné à n'importe qui.

Comment fonctionne la règle pour les adultes ?

Pour les adultes, la règle reprend les cinq mêmes catégories (envie, besoin, porter, lire, faire), pour un ou une partenaire, un parent ou un proche. Elle permet en général de rester généreux pour une grande occasion sans laisser les dépenses s'envoler. Elle fonctionne le mieux quand les deux personnes l'acceptent à l'avance, pour que personne n'ait l'impression d'avoir reçu moins. Les versions « pour homme » ou « pour sa copine » sont la même règle : seuls les cadeaux changent.

La version pour adultes repose surtout sur sa cinquième catégorie. Une expérience est le seul cadeau qui ne finira jamais par encombrer un placard. Les adultes possèdent souvent déjà l'essentiel de ce dont ils ont besoin, si bien que « quelque chose à faire » compte souvent plus que les quatre autres réunies.

La règle fonctionne-t-elle pour un seul cadeau ?

Pas directement. La règle répartit plusieurs cadeaux entre différentes catégories, donc avec un seul cadeau, il n'y a rien à répartir. Ce qui reste utile, c'est la question qui se cache derrière chaque catégorie. Choisissez celle qui convient le mieux à la personne, et consacrez tout le budget à la réussir.

Concrètement, demandez-vous laquelle des cinq cette personne apprécierait le plus. Quand on a déjà tout, on n'a besoin de rien ; quand on vient de déménager, c'est une autre histoire. Pour quelqu'un qui lit dans tous les trains, ce sera le livre. Pour quelqu'un qui ne tient pas en place, la sortie à la journée. Un bon cadeau dans la bonne catégorie vaut mieux que cinq cadeaux moyens répartis dans toutes.

Gardez les catégories, et partez de la personne

La bonne approche consiste à garder la structure de la règle, mais à changer l'endroit où l'on cherche les réponses. Partez de la catégorie, et vous tombez sur ses meilleures ventes : le roman le plus populaire, le pull le plus acheté, les mêmes choses que tout le monde a choisies. Partez de la personne, et chaque catégorie se remplit de quelque chose qui n'aurait pu être choisi pour personne d'autre.

Prenez « quelque chose à partager » pour un couple qui s'accorde une pause Earl Grey tous les après-midi. Pas besoin d'un panier garni passe-partout. Ce peut être trois versions de leur thé préféré, à goûter et à comparer.

Vous pouvez appliquer la même méthode à chaque catégorie de la liste. Dites-nous qui est la personne : ce qui la passionne, votre degré de proximité, et à peu près combien vous voulez dépenser. Puis faites défiler des cadeaux qui lui correspondent déjà, pour que chaque catégorie se remplisse d'un cadeau choisi pour la personne, pas pour la catégorie.

À lire aussi : notre guide pour les personnes à qui l'on ne sait jamais quoi offrir et nos idées de cadeaux pour quelqu'un qui a déjà tout.

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